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Vie des Saints.

Jeudi 2 avril 2009

Au fil des siècles


L’édifice gothique

 

Si on ne sait rien ou presque de l’église primitive de Candes, le chantier de construction de l’édifice actuel est assez bien documenté. Commencés en 1175, les travaux sont probablement achevés vers 1225, et on doit à Dom Guibert, père abbé de l’abbaye de Gembloux, près de Namur, de connaître d’intéressants détails sur la construction de la nouvelle église cinq ans après le début des travaux.
Deux grandes campagnes de travaux sont perceptibles dans l’architecture.
La chapelle Saint Martin, le chœur et le transept forment la partie la plus ancienne. Bien que de style gothique, plusieurs réminiscences romanes témoignent de leur antiquité.
Les travaux ont du ensuite être interrompus quelques années, avant de reprendre avec l’arrivée vers 1215 d’un nouveau maître d’œuvre que les spécialistes appellent le Maître de Candes. On change alors complètement de programme : d’une nef avec un haut et large vaisseau central flanqué de deux bas-côtés plus bas et plus étroits, on passe à trois vaisseaux de dimensions identiques. La façade principale, sur le côté nord, s’enrichit d’un porche monumental couvert d’une chapelle dédiée à Saint Michel.

 

Des variations comparables, signes d’interventions successives, apparaissent dans les sculptures. Il est à noter que les motifs sculptés de Candes ont fait école. Ainsi, les moulures de la nef ont été reproduites à Saint-Jean l’Habit de Fontevraud. Nombre de sculpteurs devaient être des pèlerins se rendant à Compostelle, travaillant un temps sur un chantier avant de reprendre la route : la circulation des hommes, des savoir-faire et des techniques était sans aucun doute plus importante qu’on ne l’imagine.

Guerres et conflits

 

Les guerres et conflits laissent leurs traces dans l’architecture de la collégiale. Au cours de la guerre de cent ans, l’église est fortifiée : créneaux et mâchicoulis, chemin de ronde et bretèche apparaissent à l’extérieur de la collégiale. C’est peut-être à cette occasion que le bas des fenêtres de la nef est muré.
Les guerres de religion infligent à l’église de lourdes dégradations : en 1562, une troupe en armes, commandée par le comte de Montgommery allume dans la petite ville de Candes plusieurs incendies, détruit les archives du chapitre religieux et mutile les statues du porche qui sont décapitées.

Le poids des ans
Le poids des ans semble peser sur la collégiale, qui au cours du XVIIIème siècle, montre des signes de grande faiblesse. En 1715, un tremblement de terre fragilise considérablement l’édifice. C’est Louis XIV qui délivrera les fonds nécessaires à la restauration de la collégiale, peu de temps avant sa mort. Cela n’empêchera pas plusieurs parties de l’édifice de s’effondrer quelques années plus tard. Il faudra attendre le XIXème siècle pour que soit entreprise une restauration complète sous la direction de Jean-Baptiste Cailleau. C’est aussi l’époque où l’église est classée monument historique (1840).

Par grenouillette
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Mardi 31 mars 2009

Candes, Saint Martin et Saint Maurice


Le souvenir de Martin ne doit pas faire oublier que l’église primitive de Candes était vraisemblablement dédiée à un autre officier de l’Empire romain, martyrisé en raison de sa foi, et pour qui l’évêque de Tours avait une profonde dévotion : Saint Maurice.

Maurice et le martyre de la légion thébaine

Maurice, soldat de l’Empire comme Martin, commandait la « légion thébaine », une troupe appelée d’Egypte pour appuyer Maximien dans sa lutte contre les Bagaudes et les Alamans. La légion campait près d’Agaune, et Maximien voulut contraindre ces soldats chrétiens à agir contre leur conscience en sacrifiant aux dieux et en persécutant d’autres chrétiens. Saint Maurice et ses compagnons décidèrent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et furent massacrés vers l’an 300. Vers 430, Saint Eucher, évêque de Lyon, écrivit le récit de ces événements dans la « Passion des martyrs d’Agaune ».

Martin et les reliques de Saint Maurice

 

Saint Martin s’est rendu lui-même à Agaune, sur le lieu du martyre. Il en a rapporté des fioles contenant du sang, qu’une tradition considère comme du sang des martyrs secrété par les bruns d’herbe à l’endroit du massacre. Les trois fioles furent données à la cathédrale d’Angers, à la cathédrale de Tours et à l’église de Candes. La première fut détruite durant les guerres de religion, la seconde durant la Révolution française. Seule demeure la fiole de Candes. Retrouvée au XIXè siècle lors du déplacement du maître autel, la relique fut analysée à la requête de l’archevêque de Tours. Il en résulte qu’elle contient de « la matière brune se composant d’un reste altéré par le temps d’une substance animale, sang ou chair imbibée de sang ».

Saint Maurice et Candes
La première église de Candes fut probablement placée sous le patronage de Saint Maurice, puisqu’elle en conservait les reliques. Mais, dès la mort de Saint Martin, Candes est associé au nom et au souvenir de l’évêque de Tours, à tel point qu’au XIè siècle, pour désigner la collégiale, le nom de Martin, ou bien se joint, ou bien même se substitue à celui de Maurice. En témoignent le cartulaire de l’abbaye de Bourgueil qui mentionne « l’office qu’avait Bourgueil en l’église de Saint Martin et de Saint Maurice de Candes » ou encore une bulle papale énumérant parmi les biens de l’abbaye « la prébende en l’église Saint Martin de Candes ». Tant et si bien que la nouvelle église, construite à partir de 1175, est dédiée au seul Saint Martin. La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir Candes-Saint-Martin … au milieu du XXè siècle, en 1949.
Aujourd’hui, même si le nom et le prestige de Saint Martin ont quelque peu éclipsé la figure de Saint Maurice, la collégiale peut se targuer de conserver une relique offerte par Saint Martin lui-même, témoignage précieux de l’attachement de l’évêque de Tours pour Candes et de la grande dévotion qu’il avait pour l’officier mort martyr.

Par grenouillette
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Mercredi 25 mars 2009

Une église collégiale


La fondation de la paroisse
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C’est en 387 que Saint Martin établit à Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne un prieuré, une école et une église. Candes fait donc partie, avec Amboise, Langeais, Saunay, Ciran et Tournon, des six paroisses de Touraine fondées par Martin. Jusqu’au IVè siècle, le christianisme était surtout implanté dans les villes et c’est à l’action évangélisatrice de Martin qu’est due la fondation des premières paroisses rurales, là où le paganisme était encore bien vivace. La charge de ces paroisses est confiée à des clercs souvent formés à Marmoutier et qui continuent à mener une vie proche de celle des moines.

L’église collégiale
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Le prieuré fondé par Saint Martin a subsisté jusqu’au IXe siècle. Comme les moines exerçaient un ministère essentiellement paroissial, ils furent sécularisés en 848. Ils formèrent alors, choisis par l’archevêque un chapitre composé de douze chanoines. L’église devient dès lors collégiale, elle le restera jusqu’à la Révolution française. Les chanoines sont gouvernés par l’un d’eux qui porte le titre de chevecier. Ils désignent quatre des leurs pour être curés. Aux pieds de la collégiale, une maison porte toujours le nom de « maison des quatre curés ».
Plusieurs détails du mobilier témoignent encore aujourd’hui de la présence des chanoines : les stalles du chœur et surtout le maître-autel du XVIIIè. Cet autel était placé, jusqu’au milieu du XIXè siècle à la croisée du transept et la messe pouvait être célébrée d’un côté ou de l’autre, selon qu’elle était célébrée pour les chanoines qui étaient dans le chœur, ou pour les fidèles qui étaient dans la nef.

L’église à nouveau paroissiale

Après les remous révolutionnaires, le concordat permet le rétablissement du culte. L’église de Candes devient église paroissiale, tout en gardant la dénomination de collégiale. Depuis 1992, Candes forme avec onze autres communes de la rive gauche de la Vienne la paroisse Saint-Martin de Candes. Même si ses limites ne correspondent pas à celles du IVè siècle, l’antiquité de la paroisse n’en demeure pas moins réelle et le nom de son fondateur prestigieux !

Par grenouillette
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