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Mardi 31 mars 2009

Candes, Saint Martin et Saint Maurice


Le souvenir de Martin ne doit pas faire oublier que l’église primitive de Candes était vraisemblablement dédiée à un autre officier de l’Empire romain, martyrisé en raison de sa foi, et pour qui l’évêque de Tours avait une profonde dévotion : Saint Maurice.

Maurice et le martyre de la légion thébaine

Maurice, soldat de l’Empire comme Martin, commandait la « légion thébaine », une troupe appelée d’Egypte pour appuyer Maximien dans sa lutte contre les Bagaudes et les Alamans. La légion campait près d’Agaune, et Maximien voulut contraindre ces soldats chrétiens à agir contre leur conscience en sacrifiant aux dieux et en persécutant d’autres chrétiens. Saint Maurice et ses compagnons décidèrent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et furent massacrés vers l’an 300. Vers 430, Saint Eucher, évêque de Lyon, écrivit le récit de ces événements dans la « Passion des martyrs d’Agaune ».

Martin et les reliques de Saint Maurice

 

Saint Martin s’est rendu lui-même à Agaune, sur le lieu du martyre. Il en a rapporté des fioles contenant du sang, qu’une tradition considère comme du sang des martyrs secrété par les bruns d’herbe à l’endroit du massacre. Les trois fioles furent données à la cathédrale d’Angers, à la cathédrale de Tours et à l’église de Candes. La première fut détruite durant les guerres de religion, la seconde durant la Révolution française. Seule demeure la fiole de Candes. Retrouvée au XIXè siècle lors du déplacement du maître autel, la relique fut analysée à la requête de l’archevêque de Tours. Il en résulte qu’elle contient de « la matière brune se composant d’un reste altéré par le temps d’une substance animale, sang ou chair imbibée de sang ».

Saint Maurice et Candes
La première église de Candes fut probablement placée sous le patronage de Saint Maurice, puisqu’elle en conservait les reliques. Mais, dès la mort de Saint Martin, Candes est associé au nom et au souvenir de l’évêque de Tours, à tel point qu’au XIè siècle, pour désigner la collégiale, le nom de Martin, ou bien se joint, ou bien même se substitue à celui de Maurice. En témoignent le cartulaire de l’abbaye de Bourgueil qui mentionne « l’office qu’avait Bourgueil en l’église de Saint Martin et de Saint Maurice de Candes » ou encore une bulle papale énumérant parmi les biens de l’abbaye « la prébende en l’église Saint Martin de Candes ». Tant et si bien que la nouvelle église, construite à partir de 1175, est dédiée au seul Saint Martin. La commune de Candes elle-même changera de nom pour devenir Candes-Saint-Martin … au milieu du XXè siècle, en 1949.
Aujourd’hui, même si le nom et le prestige de Saint Martin ont quelque peu éclipsé la figure de Saint Maurice, la collégiale peut se targuer de conserver une relique offerte par Saint Martin lui-même, témoignage précieux de l’attachement de l’évêque de Tours pour Candes et de la grande dévotion qu’il avait pour l’officier mort martyr.

Par grenouillette - Publié dans : Vie des Saints. - Communauté : Amitié
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Mercredi 25 mars 2009

Une église collégiale


La fondation de la paroisse
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C’est en 387 que Saint Martin établit à Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne un prieuré, une école et une église. Candes fait donc partie, avec Amboise, Langeais, Saunay, Ciran et Tournon, des six paroisses de Touraine fondées par Martin. Jusqu’au IVè siècle, le christianisme était surtout implanté dans les villes et c’est à l’action évangélisatrice de Martin qu’est due la fondation des premières paroisses rurales, là où le paganisme était encore bien vivace. La charge de ces paroisses est confiée à des clercs souvent formés à Marmoutier et qui continuent à mener une vie proche de celle des moines.

L’église collégiale
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Le prieuré fondé par Saint Martin a subsisté jusqu’au IXe siècle. Comme les moines exerçaient un ministère essentiellement paroissial, ils furent sécularisés en 848. Ils formèrent alors, choisis par l’archevêque un chapitre composé de douze chanoines. L’église devient dès lors collégiale, elle le restera jusqu’à la Révolution française. Les chanoines sont gouvernés par l’un d’eux qui porte le titre de chevecier. Ils désignent quatre des leurs pour être curés. Aux pieds de la collégiale, une maison porte toujours le nom de « maison des quatre curés ».
Plusieurs détails du mobilier témoignent encore aujourd’hui de la présence des chanoines : les stalles du chœur et surtout le maître-autel du XVIIIè. Cet autel était placé, jusqu’au milieu du XIXè siècle à la croisée du transept et la messe pouvait être célébrée d’un côté ou de l’autre, selon qu’elle était célébrée pour les chanoines qui étaient dans le chœur, ou pour les fidèles qui étaient dans la nef.

L’église à nouveau paroissiale

Après les remous révolutionnaires, le concordat permet le rétablissement du culte. L’église de Candes devient église paroissiale, tout en gardant la dénomination de collégiale. Depuis 1992, Candes forme avec onze autres communes de la rive gauche de la Vienne la paroisse Saint-Martin de Candes. Même si ses limites ne correspondent pas à celles du IVè siècle, l’antiquité de la paroisse n’en demeure pas moins réelle et le nom de son fondateur prestigieux !

Par grenouillette - Publié dans : Vie des Saints.
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Mardi 24 mars 2009

L’homme du partage

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Un soir d’hiver, aux portes d’Amiens, un jeune officier de l’Empire romain, Martin, partage son manteau avec un pauvre. L’image a traversé les siècles. Exemple stimulant pour des générations de chrétiens, elle n’a rien perdu de sa force symbolique et de son actualité. « Presque comme une icône, il montre la valeur irremplaçable du témoignage individuel de la charité » écrivait ainsi Benoît XVI à propos de Martin dans son encyclique Deus caritas est.
L’attachement au geste de Martin dont témoigne toute une tradition populaire n’est-il pas encore, dans notre modernité, riche de leçons à méditer et à suivre ?


A la porte

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La rencontre du mendiant, sous les murs d’Amiens, constitue pour Martin un événement dont il ne mesure pas dans l’instant toute la portée. Le pauvre est là, à la porte.
La porte est le lieu où le riche ne peut éviter de rencontrer le pauvre, là où la question de la pauvreté ne peut être éludée, là où il nous faut répondre ! Cet homme en guenilles qui barre ton chemin te pose une question. Que vas-tu répondre ?
En effet si le pauvre est là, c’est qu’il est « mis à la porte », c’est qu’il est hors de la vie sociale que symbolise la ville. Il n’est pas seulement sur le passage, il est interdit d’entrée ! La porte sépare donc symboliquement l’inclus de l’exclu. Elle peut ouvrir la cité sur l’aventure, sur la nouveauté, sur l’histoire, comme elle peut la fermer sur ceux qui sont jugés indésirables. Elle symbolise l’accueil aussi bien que le rejet. Nos villes ne sont plus entourées de remparts et de portes, mais notre société a toujours ses portes : les portes de ses frontières où elle définit qui peut ou non entrer en son sein, les portes de ses maternités où elle décrète qui a le droit de vivre.


La rencontre de l’autre

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C’est à la porte de la cité, au détour du quotidien, que surgit un visage, un visage parmi tous ces visages qui portent les stigmates du malheur, visages de ceux qui sont défigurés par la misère, la violence, la détresse morale, visages des blessés de la vie, ceux que la société condamne à l’exclusion. Martin s’arrête. Ce qui fait la force d’interpellation de son geste, c’est qu’on a bien du mal à percevoir un titre quelconque au nom duquel ce pauvre peut retenir l’attention du jeune officier. Au contraire, tout ce qu’on sait de Martin pourrait justifier une non-intervention de sa part. Il est étranger, il est militaire, il n’a pas de responsabilité politique particulière. Il est de passage… Qu’a-t-il de commun avec cet inconnu ? Ce n’est pas un autre soldat, un autre Romain, un autre voisin qui est l’objet du partage. Aucune solidarité de groupe ou de nation ne peut justifier ce geste. Rien sinon le fait qu’il est un homme.


Le manteau partagé :


 - next pictureEt Martin partage son manteau. Les deux morceaux de manteau fonctionnent comme un symbole au sens premier du terme. Pour se reconnaître au-delà du temps et des distances, deux êtres d’une même famille prennent chacun l’un des deux morceaux d’un objet brisé. Chacun, en gardant l’un des morceaux, sait qu’ailleurs un autre morceau l’attend. Des droits et des devoirs sont liés à ce symbole. De même, ces morceaux d’un unique manteau déchiré deviennent rappel et promesse d’une solidarité nouvelle. Les deux morceaux continuent à s’appeler, à s’attendre de part et d’autre de la société déchirée qu’ils rappellent. Viendra le jour où les deux morceaux se retrouveront, se reconnaîtront. Ces deux morceaux de chlamyde constituent un appel à une humanité recousue au-delà des déchirures, une invitation à recoudre les relations dans une société distendue. Les morceaux du manteau déchiré disent le projet d’une humanité solidaire et unie dans le Christ.
Par grenouillette - Publié dans : Vie des Saints. - Communauté : Amitié
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